Résumé : le DPE (diagnostic de performance énergétique) classe un logement de A à G selon sa consommation d’énergie et ses émissions de gaz à effet de serre. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location, les F le seront en 2028, puis les E en 2034. Une réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 fait sortir près de 850 000 logements électriques du statut de passoire thermique, sans aucun travaux.
Le DPE conditionne aujourd’hui bien plus qu’une simple information sur une annonce immobilière : il détermine si un logement peut encore être loué, influence son prix de vente, et oriente les travaux de rénovation à prévoir. Que vous soyez propriétaire bailleur, futur acheteur ou en plein projet de rénovation, comprendre comment fonctionne ce diagnostic évite de mauvaises surprises.
Qu’est-ce que le DPE exactement
Le diagnostic de performance énergétique évalue un logement selon deux critères combinés :
- La consommation d’énergie primaire (chauffage, eau chaude, climatisation, éclairage), exprimée en kWh/m²/an
- Les émissions de gaz à effet de serre, exprimées en kg de CO2/m²/an
Ces deux indicateurs donnent une étiquette allant de A (logement très économe) à G (passoire thermique). Le DPE est obligatoire pour toute vente ou mise en location, réalisé par un diagnostiqueur certifié, et valable 10 ans pour les diagnostics établis depuis juillet 2021.
Point important à vérifier si vous êtes propriétaire : les DPE réalisés entre janvier 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025, et doivent être refaits avant toute nouvelle mise en location ou vente.

Le calendrier d’interdiction de location
| Classe DPE | Seuil de consommation | Interdiction de location |
|---|---|---|
| G+ (très énergivore) | Plus de 450 kWh/m²/an | Depuis le 1er janvier 2023 |
| G | Plus de 420 kWh/m²/an | Depuis le 1er janvier 2025 |
| F | Seuil intermédiaire | À partir du 1er janvier 2028 |
| E | Seuil intermédiaire | À partir du 1er janvier 2034 |
Ce calendrier découle de la loi Climat et Résilience de 2021. Il s’applique aux nouveaux baux et aux renouvellements, pas à un bail en cours qui peut se poursuivre jusqu’à son terme. Un logement classé G ou F reste vendable, l’interdiction ne concerne que la location.
En outre-mer, le calendrier est décalé : interdiction des G en 2028, des F en 2031, des E en 2034, pour tenir compte des spécificités locales.
La réforme 2026, une bonne nouvelle pour certains propriétaires
Depuis le 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. Concrètement, cette correction technique fait mécaniquement remonter la note DPE de nombreux logements chauffés à l’électricité, sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé. Environ 850 000 logements sortiraient ainsi du statut de passoire thermique.
Si votre logement est chauffé à l’électricité et que son DPE date d’avant 2026, il peut valoir la peine de vérifier votre nouvelle étiquette. Les DPE existants peuvent être mis à jour gratuitement, sans nouvelle visite du diagnostiqueur, sur l’observatoire DPE-Audit de l’Ademe.

Comment améliorer son DPE grâce à la rénovation
Le DPE n’est pas une fatalité : plusieurs postes de travaux font gagner des classes, parfois de façon spectaculaire :
L’isolation reste le levier le plus efficace, en particulier les combles (jusqu’à 30 % des déperditions de chaleur d’une maison mal isolée) et les murs. Si vous posez vous-même de la laine de verre ou de la laine de roche, notre guide des équipements de protection détaille les précautions à prendre face aux fibres irritantes.
Le système de chauffage pèse aussi lourd dans la note : remplacer une vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur ou une chaudière à condensation améliore souvent le classement de plusieurs lettres d’un coup.
Les menuiseries (fenêtres, portes) réduisent les déperditions, avec un impact plus modéré que l’isolation ou le chauffage, mais non négligeable sur un logement ancien à simple vitrage.
Ces travaux sont éligibles à plusieurs aides, dont MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro, ou une TVA réduite à 5,5 % sur les travaux de rénovation énergétique.
Que risque-t-on sans DPE valide ou en cas de fraude
Le service public le rappelle clairement : l’absence de DPE ou un diagnostic contenant des informations fausses peut entraîner la nullité de l’acte de vente ou du bail, une diminution du prix de vente négociée devant le tribunal, ou des dommages et intérêts réclamés par l’acquéreur ou le locataire lésé.
Pour un bailleur qui louerait malgré une interdiction (logement classé G depuis 2025, par exemple), l’exposition est réelle : le locataire peut exiger une mise en conformité au titre de la décence du logement, avec un recours possible devant le tribunal si rien n’est fait.
Questions fréquentes
Le DPE est-il obligatoire pour tous les logements ? Oui, pour toute vente ou mise en location, à l’exception des logements occupés moins de 4 mois par an et des locaux indépendants de moins de 50 m².
Un logement classé G peut-il encore être vendu ? Oui, l’interdiction ne concerne que la location, pas la vente. Une vente de logement classé F ou G impose en revanche la réalisation d’un audit énergétique complémentaire depuis avril 2023.
Combien de temps un DPE est-il valable ? 10 ans pour les DPE réalisés depuis juillet 2021. Les diagnostics établis entre janvier 2018 et juin 2021 ne sont plus valables depuis janvier 2025.
La réforme 2026 s’applique-t-elle automatiquement à mon ancien DPE ? Non, elle ne s’applique qu’aux DPE réalisés à partir du 1er janvier 2026. Pour un logement électrique diagnostiqué avant cette date, une mise à jour gratuite est possible sur l’observatoire DPE-Audit de l’Ademe, sans nouvelle visite.




